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Leucémie myeloïde chronique. Un nouveau traitement porteur d'espoir.

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geotrouvetout

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MessageSujet: Leucémie myeloïde chronique. Un nouveau traitement porteur d'espoir. Leucémie myeloïde chronique. Un nouveau traitement porteur d'espoir. EmptyDim 12 Juin 2011 - 6:09

LEUCEMIE MYELOIDE CHRONIQUE

UN NOUVEAU TRAITEMENT PORTEUR D'ESPOIR




Leucémie myeloïde chronique. Un nouveau traitement porteur d'espoir. 110612060853





Pour les malades atteints de ce cancer de la moelle osseuse et du sang qui résiste au traitement classique, un nouveau médicament, le dasatinib, vient d'être commercialisé.

Le Pr François Guilhot, directeur du centre de recherches du C.h.u. de Poitiers, explique son action.





Quelles sont les caractéristiques de la leucémie myéloïde chronique ?

Pr François Guilhot.

Ce cancer de la moelle osseuse atteint trois lignées de cellules sanguines :

- les plaquettes
- les globules rouges
- et les globules blancs.

Ces derniers prolifèrent anormalement dans la moelle et viennent se fixer dans la rate et le foie.

Chaque année en France, on recense environ 600 nouveaux cas.

Habituellement, le diagnostic s'effectue au cours d'un examen de sang fortuit où l'on découvre une augmentation anormale des globules blancs (supérieurs à 10 000).

Les symptômes se traduisent le plus souvent par :

- une fatigue inexpliquée
- une perte de poids due à un manque d'appétit
- et parfois aussi, des douleurs osseuses.

Chez l'adulte, cette maladie apparaît vers la cinquantaine et chez l'enfant, il s'agit de la plus fréquente des leucémies chroniques.






Existe-t-il des facteurs prédisposant à ce type de cancer du sang ?

La leucémie myéloïde chronique résulte d'une anomalie génétique acquise au cours de la vie, qui ne se transmet pas.

C'est la première forme de cancer pour laquelle on ait une signature génétique.

Cette découverte a été très importante car elle a donné le départ à de nombreuses recherches d'un lien entre cancer et anomalie génétique acquise.

On sait aussi qu'il existe des facteurs de risque : le tabagisme et l'exposition à certaines radiations.

Ainsi, après la catastrophe d'Iroshima, on a observé une très nette augmentation de ces leucémies au Japon.






Avant l'arrivée relativement récente (au début des années 2000) de l'imatinib, comment luttait-on contre cette leucémie chronique ?

Le pronostic était très mauvais.

Le protocole standard de chimiothérapie (avec busulfan, hydroxyurée...) n'était pas très efficace.

Après six ou sept ans de traitement, on ne recensait que 7 % de survivants !

Avec l'interféron administré par injections, on est parvenu à obtenir davantage de rémissions (15 %), mais au prix d'effets secondaires pénibles :

- fièvre
- fatigue
- amaigrissement
- voire dépression...

Il y avait aussi la solution de l'allogreffe de cellules souches (pour les malades de moins de 55 ans) mais il fallait pour cela trouver un donneur compatible, ce qui n'était pas facile.

Ces greffes étaient couronnées de succès avec une rémission prolongée dans 70 à 80 % des cas.

Mais 20 à 30 % des malades décédaient des suites de cette transplantation ou d'une rechute.

Quand on l'envisageait, on savait que le patient s'exposait à un danger.






L'arrivée de l'imatinib a donc constitué une sorte de traitement miracle ?

Tout à fait !

Des résultats d'études ont permis de démontrer que l'anomalie génétique à l'origine de cette leucémie entraîne la production d'une protéine anormale (B.c.r.-A.b.l.), laquelle provoque la prolifération des globules blancs.

Ce médicament, qui s'administre simplement en comprimés, bloque l'action néfaste de cette protéine.

Aujourd'hui, avec un recul de soixante mois, on a observé plus de 90 % de rémissions prolongées !

Les 10 % de cas restants ont malheureusement évolué vers une phase avancée de la maladie.






D'où la recherche d'une autre approche pour ces cas résistants. En quoi consiste le nouveau traitement et comment agit-il ?

Pour bien comprendre l'action de ce dernier médicament, il faut savoir pourquoi il y a échec avec le traitement classique par imatinib.

La protéine contre laquelle on lutte est très sournoise.

Pour se défendre, elle sait se transformer, changer d'aspect : elle mute de façon que l'arme médicamenteuse ne puisse venir s'y fixer.

Le tout nouveau produit commercialisé, le dasatinib, lui, agit sur cette protéine, même quand elle a muté, dans un grand nombre de cas.

Toujours administré par voie orale, ce traitement a l'inconvénient d'être moins bien toléré que le précédent : il entraîne une certaine fatigue, suite à une baisse des globules blancs.

Pour le malade, il est donc parfois nécessaire de faire une pause, d'interrompre la prise du médicament pendant quelques jours, le temps que la formule sanguine redevienne normale.

Ces effets secondaires expliquent pourquoi il faut particulièrement faire preuve de prudence chez les cardiaques.






Quels ont été les essais réalisés avec le dasatinib ?

La première étude de phase I a été effectuée en novembre 2004 sur 125 malades.

Plusieurs autres études de phase II ont été ensuite mises en route en décembre 2004 sur 650 autres patients.

En tout, près de 800 malades ont été traités.

Chez les leucémiques de l'étude en phase II, on a recensé 40 % de bonnes réponses : ces malades sont en rémission.

Chez eux, la prolifération des globules blancs a disparu et on ne retrouve plus de marqueurs génétiques correspondant aux cellules cancéreuses présentes dans la moelle osseuse.

Pour tous ces patients en échec de l'imatinib, il s'agit là d'une avancée majeure !

D'autre part, ce taux de succès va inciter les laboratoires à continuer leurs recherches afin de découvrir si ce nouveau produit ne pourrait pas en fait remplacer d'emblée l'imatinib.

D'autant qu'on ne sait pas encore si, dans les années à venir, on ne va pas assister à davantage de récidives avec l'imatinib.








Entretien réalisé par Sabine de la Brosse




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