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[SEIN] - Prothèse et cancer du sein, ce qu’il faut savoir

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le petit prince

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MessageSujet: [SEIN] - Prothèse et cancer du sein, ce qu’il faut savoir Dim 11 Mar 2012 - 20:11

PROTHESE ET CANCER DU SEIN



CE QU'IL FAUT SAVOIR


















Le Pr David Khayat ( Chef du service de médecine oncologique à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière ) fait une mise au point des risques réels encourus par les différents types d’implants mammaires.










Quelles sont actuellement les différentes sortes de prothèses du sein, légalement implantables ?


Pr David Khayat.
Deux sont autorisées :

- celles en gel de silicone à usage médical

- celles remplies de sérum physiologique (totalement neutre).

Ces implants sont utilisés soit dans le but d’augmenter le volume du sein, soit pour une reconstruction mammaire après une ablation à la suite d’un cancer.







Les prothèses PIP frauduleuses contenant un gel industriel peuvent-elles, à votre avis, constituer un facteur favorisant un cancer du sein ?

Franchement, en tant que cancérologue, je ne le crois pas.

Le processus à l’origine d’une tumeur maligne du sein est bien plus complexe qu’on ne l’imagine !

Le nombre de cancers mammaires ­recensés à ce jour chez les porteuses de ces prothèses avec un gel non conforme reste inférieur aux taux observés dans la population générale.

Il faut savoir qu’une femme sur huit ou neuf est ­atteinte, dans sa vie, par cette maladie du sein.







Les prothèses en gel de silicone médical ont été ­interdites durant plusieurs années. A-t-on soupçonné alors un lien avec un risque cancérigène ?

Effectivement, les autorités de santé américaines (la FDA) ont interdit l’usage de ces prothèses de 1992 à 2006.

Et la France, de 1995 à 2001.

On s’était interrogé alors sur la nature et la gravité d’éventuelles complications induites par ces implants de gel purement médical.

Il a fallu dix ans d’études, ayant porté sur plus de 50 000 femmes, pour démontrer qu’aucun lien de causalité ne pouvait être mis en évidence entre ce gel et un cancer du sein.

D’où l’arrêt du moratoire.








Durant cette période, quels implants a-t-on utilisés ?

Des prothèses en sérum physiologique qui, même en cas de rupture, n’entraînent aucun risque de complications.

Mais avec lesquels on obtient de moins bons résultats esthétiques.







Les conclusions de ces études sur dix ans ont-elles tout de même relevé certaines complications avec ces prothèses à gel médical ?

Oui, mais sans gravité pour la santé générale.

On a relevé, en cas de rupture, des complications locales du sein de type granulomes, inflammations…

Chez certaines femmes, on a aussi constaté, quelques années après la pose, la formation d’une coque rigide autour de la prothèse, contraignant à l’enlever.

Mais, de façon surprenante, ces enquêtes considérablement longues ont révélé, chez celles s’étant fait opérer pour une augmentation de volume des seins, un taux de suicide beaucoup plus élevé que dans la population générale.

Plus du double !

Des drames probablement liés à une fragilité psychologique.

D’où la nécessité, chez certaines, d’une prise en charge pré- et post-opératoire.

La nécessité d'une surveillance régulière







Durant votre carrière, avez-vous observé une plus grande fréquence de cancers du sein chez les porteuses d’une prothèse ?

Absolument pas.

Et je suis sûr que cela est vrai pour la plupart de mes confrères.







Un implant mammaire risque-t-il de gêner la lecture d’une mammographie ?

Oui.

Cet examen est alors moins performant pour détecter des petits cancers du sein.

Chez ces femmes, la technique de référence est certainement l’IRM.







Quels sont vos conseils de surveillance à toutes celles ayant eu recours à des implants ?

Selon la majorité des chirurgiens, il est recommandé, pour certains cas, de changer une prothèse dix à quinze ans après la pose.

Et, étant donné la fréquence des cancers du sein, il est indispensable que toutes les femmes se soumettent à une surveillance régulière.

Avec une IRM tous les deux ans, à partir de 49 ans, et, en cas d’antécédents familiaux lourds, dès 40 ans avec, bien sûr, un examen clinique chaque année.







Outre les prothèses mammaires, pensez-vous que d’autres implants fabriqués de façon non conforme pourraient présenter des risques cancérigènes ?

A mon avis, on devrait renforcer les contrôles pour la réglementation des dispositifs à usage médical en général.

C’est-à-dire tout le matériel qui entre dans le champ de la santé.

Comme, après le scandale du Mediator, on vient de le faire pour les médicaments, avant leur autorisation de mise sur le marché.

Jusqu’à présent, ces dispositifs (y compris les pompes à perfusion, par exemple) sont placés sous la responsabilité du fabricant.

La certification est ensuite effectuée par un organisme de son choix pour certifier la qualité du produit.










Entretien réalisé par Sabine de la Brosse








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