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Cancer du poumon - Première greffe d'une bronche artificielle

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geotrouvetout

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Instructeur au sol

Points aux jeux : 288

MessageSujet: Cancer du poumon - Première greffe d'une bronche artificielle Mer 30 Mar 2011 - 4:52

Cancer du poumon
Première greffe d'une bronche artificielle










Pour la première fois dans le monde, un patient atteint d’un cancer du poumon s’est vu greffer, avec succès, une bronche artificielle, réalisée à partir d’un morceau d’aorte issue d’un donneur.

L’équipe française a officialisé cette innovation un an et demi après sa réalisation.





Cette prouesse a été réalisée par une équipe française.

La première greffe mondiale d'une bronche artificielle a été réalisée par l'équipe du professeur Emmanuel Martinod, mondialement connu pour être à l’origine des bioprothèses valvulaires cardiaques.

Le patient, âgé de 78 ans et atteint d'une tumeur cancéreuse au poumon droit, a été opéré le 28 octobre 2009 à l'hôpital Avicenne à Bobigny, en Seine-Saint-Denis.

L’équipe, comprenant également le professeur Dominique Valeyre (chef du pôle hémato-onco-thorax) et le professeur Carpentier, voulait s’assurer de la bonne convalescence du malade avant d’officialiser la nouvelle.

Or ce dernier «va bien», a assuré le Pr Martinod lors d’une conférence de presse organisée ce jeudi à 14h30 à l'hôpital Avicenne.

«Il marche» et peut se rendre dans sa maison de campagne, a précisé le chirurgien thoracique et vasculaire.

«Bien sûr nous devons le suivre, et il justifie des examens réguliers, et parfois quelques ajustements –il faut notamment qu’il fasse des aérosols-», mais il est en bonne santé.

Il a ainsi évité une ablation complète du poumon qui lui était programmée, une intervention à haut risque, le taux de mortalité post-opératoire étant de 26% à 90 jours.

Plus de 200 patients potentiels greffés par an






La bronche artificielle a été constituée à partir d'un tissu aortique (l’aorte étant la plus grande artère du corps, qui part du cœur et fournit toutes les parties de l’organisme en sang oxygéné) renforcé par une structure métallique interne (un stent).

La greffe de ce tissu, déjà utilisé en chirurgie vasculaire, présente l'avantage de ne pas nécessiter de médicaments anti-rejet, traitements contre-indiqués chez les malades atteints de cancers.

L’intervention a duré trois heures.

Elle est le fruit de 10 ans de recherche, mais un long chemin reste encore à parcourir.






«Cette intervention ne s'adresse pas à tous les patients qui ont un cancer du poumon», a-t-il souligné, appelant à «rester très prudent» en attendant une étude plus approfondie.

«Nous allons essayer (cette pratique) sur nombre plus important de patients [20 à 30] qui va débuter dans quelques semaines je l’espère, et après seulement on pourra se prononcer», a-t-il précisé.

Si les résultats étaient concluants, ce genre de greffe pourrait profiter à :
- 200 à 300 patients par an en France, selon le Pr Martinod,
- sachant qu’il y a 1 000 à 2 000 ablations de poumons par an dans le pays
- et que le cancer du poumon, l’un des plus durs à soigner,
- touche plus de 30 000 personnes par an (37 000 nouveaux cas estimés en France 2010)
- et en tue presque autant (28 700 décès par cancer du poumon estimés en France en 2010), selon les chiffres d’e-cancer.fr.






Source de l'info
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geotrouvetout

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Instructeur au sol

Points aux jeux : 288

MessageSujet: Avec la greffe de bronche : moins d’ablations du poumon Jeu 19 Mai 2011 - 22:10

Avec la greffe de bronche = moins d’ablations du poumon










Après la publication officielle de cette première chirurgicale, le Pr ­Emmanuel Martinod (Chirurgien cardiothoracique à l’hôpital ­Avicenne de Bobigny) explique les réels bénéfices de son utilisation future.





Quelles sont les formes de cancer du poumon ?

Pr Emmanuel Martinod
Il s’agit du cancer le plus meurtrier chez l’homme (28 700 décès par an en France) et il le sera bientôt chez la femme (aux Etats-Unis, ce taux dépasse déjà celui du sein).

Il existe deux formes de tumeur :

- celle dite “non à petites ­cellules” (80 %), où la meilleure chance de guérison passe par la chirurgie,
- et les tumeurs dites “à petites cellules” (20 %), dont le traitement comporte chimiothérapie et radiothérapie.






En ce qui concerne la chirurgie, quelles sont les options ?

Quand la tumeur est située au ­niveau de la périphérie du poumon, on peut pratiquer une résection partielle de l’organe (intervention où la mortalité est très faible : 2 %).

Quand le cancer s’est formé au centre, touchant une grosse bronche, il est nécessaire d’enlever le poumon entier (là, le risque postopératoire est plus élevé), mais on peut vivre avec un seul poumon.






Rappelez-nous cette grande ­première chirurgicale qui permet d’éviter l’ablation d’un poumon ?

Le procédé consiste à remplacer un segment de bronche par un autre, provenant d’une aorte conservée dans une banque de tissus.

Du fait de l’absence de phénomène de rejet, cette greffe aortique a l’avantage de ne pas nécessiter d’immunosuppresseurs.

Pour rigidifier le greffon, une sorte de tube tuteur a été fabriqué sur mesure.

Avec stupéfaction, nous avons constaté par la suite que les cellules bronchiques avaient recouvert de part et d’autre le greffon pour se ­rejoindre.

C’est l’individu qui se répare lui-même !

Puis il y a eu une régénération naturelle du cartilage par les cellules souches de l’opéré.






Quelles ont été les suites posto­péraroites ?

Le malade (78 ans) a “fait” une ­insuffisance cardiaque avec œdème aigu, complication que l’on redoute le plus durant quatre-vingt-dix jours.

Aujourd’hui, plus de deux ans après la découverte de son cancer, il est toujours en vie et à son domicile.






Dans quels cas précis va-t-on ­pouvoir espérer par cette ­technique sauver un poumon ?

Dans notre équipe, pour chaque dossier où l’on nous propose une ablation du poumon, on se pose aujourd’hui la question.

Mais avant d’envisager de façon plus large cette transplantation, il nous faut poursuivre les essais.






Quels sont les grands avantages de cette lobectomie rendue possible par ce nouveau procédé de greffe ?

Pour moi, ça change tout !

- 1. On va se retrouver avec moins de risques de complications graves qu’avec une ablation du poumon.

- 2. La fonction respiratoire est préservée.

- 3. Un poumon qui a perdu un lobe reprend systématiquement son volume initial alors que, quand il n’y a plus de poumon, il n’y a plus rien.

- 4. Un poumon seul, devenu beaucoup plus vulnérable, nécessite une étroite surveillance.

Un patient ayant subi une lobectomie l’oublie après quelques années.






Existe-t-il une contre-indication à cette greffe de bronche ?

Oui, quand on a découvert des ­métastases au niveau de l’organisme.






Lorsqu’une tumeur pulmonaire a ­atteint plusieurs lobes, ne peut-on pas tenter cette ­technique ?

Il est possible d’administrer au ­départ des séances de chimiothérapie “pour faire fondre la tumeur”, attendre et, si la diminution du volume tumoral le permet, envisager cette greffe.






Quelle va être la prochaine étape ?

Elle est capitale : une étude pilotée par l’Assistance publique va débuter dans quelques semaines sur plusieurs ­dizaines de sujets.

Tous seront opérés ici, à l’hôpital Avicenne.

Si cette étude confirme les premiers résultats (attendus dans deux ans), pour moi, l’avenir est à la quasi-disparition de la pneumonectomie dans les cas de cancers ­pulmonaires primitifs et centraux.











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